Elsa Berthier Photographie

Trophées

Les trophées de chasse existent depuis aussi longtemps que la chasse elle-même. À partir de bois, crânes, pattes ou même d’animaux entiers,
la taxidermie a pour but de donner aux bêtes abattues une apparence vivante ou ornementale, les transformant en objets de décoration. Virginie Petot-Lanaud, taxidermiste en Côte-d’Or, a hérité de son père la pratique de cet artisanat tout particulier. Dans son atelier aux alluresde cabinet de curiosité, elle dépouille, tanne et assemble avec minutie les bêtes apportées par les chasseurs de la région qui souhaite les voir naturalisées.

Un reportage à retrouver également sur Papelar.fr

À l’arrière de son atelier, Virginie stocke les carcasses qu’elle va travailler. La plupart sont congelées pour se conserver correctement avant d’êtres préparées.

Les yeux sont un élément essentiel pour donner à un animal naturalisé un aspect plus vivant.
Ils sont généralement en verre, et réalisés par un autre artisan.

Les os, une fois nettoyés et arrangés sur un support, généralement en bois, sont souvent utilisés comme ornement à part entière.

Dans le petit atelier, un peu encombré, de Virginie, les commandes (au premier plan) se mêlent aux animaux naturalisés qu’elle expose.

En taxidermie, il est important de retirer consciencieusement toute la chair de l’animal
afin que l’ensemble de la pièce se conserve dans le temps.

La taxidermie, aussi dite « naturalisation », est un travail particulièrement minutieux
qui exige une bonne connaissance de l’anatomie animale. Ici, Virginie finalise un pluvier doré.

Malgrés les exigence des clients quand au rendu final, Virginie doit faire de son mieux avec les carcasses qui lui sont fournies. Ici, cet oiseau a un plumage incomplet.

Virginie est spécialisée dans la naturalisation des oiseaux, plus rapide et plus créative que celle des plus gros animaux. Ici, elle prépare une perdrix.

Une fois la peau de l’animal traitée et tannée, celle ci est assemblée sur un mannequin. Aujourd’hui, la plupart sont en mousse synthétique selon un modèle standard a retravailler.

Initialement, les mannequins étaient construits en bois et en paille, d’où le nom « d’empailleur », comme ici sur ce vieux mannequin de petit oiseau.

Depuis qu’elle est jeune, Virginie baigne dans le monde de la taxidermie, de par son père. Sa première réalisation était un caneton, quand elle avait 13 ans.

Chaque animal abattu est associé à un bracelet qui le répertorie. Viriginie en a besoin pour prouver que l’animal traité a été abattu légalement. Il permet également de différencier une commande
d’une autre, comme sur ces trophées qui ne sont composés que du sommet du crâne d’un animal et de ses bois ou cornes. Ce type de trophée en nommé, tout à fait à propos, un massacre.

Note sur ce reportage

On m’a dit qu’il était important de se confronter a des sujets avec lesquels on a peu de choses
en commun : c’est maintenant chose faite. 

La taxidermie, quand elle n’est pas à but pédagogique ou scientifique, fait l’objet de critiques, puisqu’elle nécéssite évidemment la mort de l’animal et est associée à toutes les dérives bien connues de la chasse récréative. Le but de ce reportage est de mettre en lumière les différents aspects de cet artisanat tout particulier – et un peu glauque – où la beauté animale rencontre la mort.